30.03.2008
Sur les traces des soeurs Brontë (suite et fin)
Passées les dernières maisons du village, me voilà plongée dans une gravure typiquement anglaise. Le tableau est complet: collines vert tendre, fermes isolées, et surtout, moutons au lourd pelage blanc, qui allongés en troupeaux, qui s’aventurant sur des rochers, qui intrigués par le passage du visiteur.
Le chemin se fait bientôt plus étroit, s’enfonce dans une vallée. Au bout, un trésor, l’un des lieux cultes des sœurs Brontë: un petit pont et une cascade, baptisés en leur honneur. Un havre de paix, où, tour à tour, elles se sont installées pour écrire ou méditer. Un endroit dont le silence n’est occulté que par le seul murmure du ruisseau. Me suffirait-il de m’asseoir ici pour recevoir l’inspiration littéraire dont elles semblent avoir bénéficié?
Poursuivons le chemin. Gravissons le sentier de l’autre côté de la vallée. Traversons ces champs peuplés de moutons, escaladons ces barrières les empêchant de vagabonder, longeons ces murets. J’approche du but, j’aperçois des ruines au sommet de cette nouvelle colline. Le voici donc, ce lieu dont s’est imprégnée l’une des œuvres majeures du dix-neuvième siècle. Les voici donc, ces landes où se sont déchirés ces personnages imaginaires mais ô combien réels. Le voici donc, ce vent qui a donné son titre au roman. La bâtisse est en ruine, piétinée insolemment par des moutons indifférents, avec pour seuls compagnons deux arbres désolés. L’atmosphère n’a pas changé. Isolement, mélancolie, violence des sentiments: tout y est. Solidaire, le ciel a viré au gris. Me voilà précipitée dans un roman des sœurs Brontë.
Fin
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29.03.2008
Prochaine destination: l'Islande
Ouf! Voyage réservé! D’ici quelques semaines, je serai en Islande… Après une intense cogitation – devrais-je choisir les îles de Croatie, le soleil de Madère, les mystères de Transsylvanie? Quel agréable dilemme! – j’ai finalement opté pour le dépaysement de ce curieux pays. Perdre tous mes repères: voilà ce à quoi j’aspire. L’aventure… organisée.
Arrivent maintenant la délicieuse période d’anticipation, la recherche de bouquins me parlant de ma prochaine destination, la douce rêverie devant les images de lieux que j’admirerai bientôt de mes propres yeux, sans papier interposé. Une période qui, sur le moment, se révèle presque aussi importante que le voyage lui-même. Et si la version imaginée de ce dernier diffère de la réalité, n’est-ce pas que l’anticipation constitue à elle seule une première expédition?
15:26 Publié dans Digression | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23.03.2008
Sur les traces des soeurs Brontë (suite)
Première visite: le presbytère, réaménagé en musée. La vie des sœurs Brontë y est exposée, certaines pièces plongent le visiteur dans le passé. Aucune peine à imaginer Charlotte griffonnant quelque lettre à son bureau; Emily contemplant, rêveuse, les landes qui s’étendent à perte de vue derrière la maison; Anne, les yeux fixés sur ses aînées. Atmosphère chaleureuse, que cette dernière a eu du mal à quitter: elle raconte d’ailleurs ses douloureuses expériences de gouvernante – pénible sentiment de homesickness – dans son roman «Agnes Grey».
Je sors… et me voilà face à une étendue de verdure vallonnée, peuplé d’arbres isolés, terrain de jeu des sœurs Brontë. Déjà, on devine le paysage solitaire et tourmenté des «Hauts de Hurlevent». Mais une marche de plus de deux heures me sépare du lieu exact où Emily a puisé son inspiration. Elle et ses sœurs n’hésitaient jamais à s’y aventurer. Le Dieu anglais nous ayant gratifié d’un temps clément aujourd’hui, je me lance sur le chemin que la petite famille a maintes fois emprunté.
A suivre…
15:08 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.03.2008
Partir
Ce poème, je l'ai écrit il y a plus de dix ans. Déjà à l'époque, ce besoin d'évasion...
Partir…
Loin!
Ne plus revenir.
Se sentir bien.
Loin de tous les maux,
Vivre l’instant présent.
Etre bien dans sa peau,
Aller au gré du vent.
Rêve inaccessible!
Misérable chimère!
Je sais que c’est impossible,
Et pourtant, j’espère…
17:33 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.03.2008
Oiseaux
Depuis mon voyage en Cornouailles, en août 2004, c'est devenu quasiment une obsession. Une fascination. Saviez-vous que c'était dans cette partie de l'Angleterre que Daphné du Maurier avait imaginé sa nouvelle "Les oiseaux"? Laquelle a donné naissance au film du même nom d'Hitchcock… Eh bien, une petite visite des environs suffit à comprendre pourquoi l'écrivain a été inspiré. Un coup d'œil aux goélands déchaînés, n'hésitant pas à fondre sur les touristes imprudents pour grappiller quelque morceau de fish and chips à même la main, convainc. Et leur façon de se percher sur les toits des maisons, le regard attentif – au diable la mesure, disons même menaçant –, a de quoi vous flanquer des frissons.
Depuis ce jour, que ce soit sur les côtes escarpées d'Angleterre ou de Bretagne, sur les rives d'un lac, dans les zoos ou les volières, je contemple les oiseaux. Je pourrais rester des heures à les observer s'envoler, naviguer sur les eaux calmes ou agitées, lutter contre le vent, fondre sur une miche de pain oubliée, picorer, plonger. Et à chaque fois qu'ils m'en laissent l'occasion, je tente de les capturer sur un cliché.
22:29 Publié dans Digression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.03.2008
Sur les traces des soeurs Brontë
Septembre 2006: direction le Yorkshire, en compagnie de Marlyse. Objectif: explorer le pays des sœurs Brontë. Voilà le compte-rendu de ce voyage. Petite particularité: ce récit sera composé de plusieurs épisodes…
N'oubliez pas de visiter l'album correspondant!
Un village aux rues pavées, des relents du passé: la bourgade d'Haworth dans le Yorkshire n'a certainement pas beaucoup changé depuis que les sœurs Brontë l'ont quittée au milieu du dix-neuvième siècle. Tandis que je m'essouffle en gravissant la rue principale, je songe à Emily, Charlotte, Anne, à toutes les fois où elles ont parcouru ce chemin pour atteindre l'église et le presbytère de leur père. Leurs yeux se sont posés sur les mêmes bâtisses, leur pas ont arpenté les mêmes pierres. Elles aussi sont passées devant ce pub – le Black Bull – où leur frère se saoulait, devant cette boutique d'apothicaire – aujourd'hui entièrement reconstituée – où il s'approvisionnait en laudanum.
Me voilà sur la place du village. Devant moi, l'église, le cimetière, le presbytère. Le domaine des sœurs Brontë. Durant leur courte vie, elles s'en sont rarement éloignées, et pourtant leurs romans sentent l'aventure. Enfants, elles ont créé un monde imaginaire, uniquement inspirées par ce village et ses environs. L'envie de mieux les comprendre m'a poussée à entreprendre le voyage… Ma curiosité sera-t-elle satisfaite?
A suivre… quel suspense! ;-)
21:40 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.03.2008
"Into the wild", de Sean Penn
L'histoire a de quoi faire rêver... Un jeune qui plaque tout, part sur les routes, à l'aventure. Raz le bol de la société. Un sentiment bien familier, n'est-ce pas? Ce désir de s'évader, de vivre autre chose, sans pouvoir vraiment définir ce que c'est. L'essentiel résidant plutôt dans le mot "autre": irrésistible besoin de changer.
Bref, ce jeune se lance et on l'envie. On envie les rencontres, les expériences, la liberté. On l'envie, tout en sachant très bien que la fin ne sera pas heureuse, tout en étant conscient que qu'il ne détient pas forcément la vérité. Lui, au moins, est allé au bout de son idée.
Cela faisait longtemps qu'un film ne m'avait pas à ce point touchée, parlé. Non pas que je compte imiter Chris McCandless, mais son histoire m'inspire... A méditer.
12:29 Publié dans Digression | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
02.03.2008
Et ça démarre!
Je ne sais pas trop encore comment m'y prendre, ni par où commencer. Voilà déjà une première photo, prise à St-Petersbourg en juin dernier, sur la fameuse Nevskyi Prospekt.

Jour de nuit blanche, fin d'après-midi. J'adore cette photo, parce qu'elle capture à merveille l'ambiance qui régnait sur cette avenue, cette "perspective" comme ils les appellent là-bas. L'effervescence permanente, la magie de la lumière de juin et des couchers de soleil. En regardant cette image, j'ai l'impression qu'un pas suffirait pour me retrouver au plein coeur de cette ville. Un seul coup d'oeil m'offre un plongeon dans le passé.
Voilà, premier post sur ce blog, en espérant que les suivants seront plus inspirés.
19:17 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : russie, voyage







